En une phrase, qu'est-ce que tu fais, dit à quelqu'un qui ne connaît rien à l'informatique?
Je simplifie l'informatique. Et ce n'est pas simple, on va se le dire avec le sourire. Tout ce qui touche à l'ordinateur, à l'IA, aux données devient de plus en plus compliqué, sauf pour les plus jeunes. Moi, ça me passionne, j'ai tout appris par moi-même, et j'essaie de ramener ça à quelque chose que tout le monde comprend. Avec une règle : l'honnêteté. Quand je ne sais pas, je me renseigne. Et je ne vends pas de rêve : je propose ce qui est vraiment utile à vos besoins, pas ce qui me rapporte le plus.
Le premier truc que tu as réparé, construit ou démonté, enfant ou ado?
J'avoue : j'ai surtout cassé, plutôt que démonté, en riant de moi-même. Mais j'essayais toujours de comprendre comment ça marchait. Je suis comme ça : j'ai besoin de savoir comment une chose fonctionne et comment tout s'emboîte, un peu comme un corps humain. Un muscle, un ordinateur, un serveur, une intelligence artificielle, c'est la même curiosité. Ado, je construisais beaucoup, et mes premières études en électronique m'ont donné les bases des microcircuits. Ce respect du matériel, je l'ai gardé : on ne bricole pas à la va-vite ce qui doit durer.
Tu as dirigé des salles de sport pendant des années. Qu'est-ce que ce métier t'a appris que tu utilises tous les jours chez DRAK?
La régularité, d'abord. La rigueur, ensuite, parce qu'elle est nécessaire à tout métier. Et surtout le contact : des années à écouter des particuliers et des professionnels me dire ce dont ils avaient besoin. Bien avant l'IA, je voyais déjà la même chose chez tout le monde : gagner du temps, automatiser ce qui se répète et protéger ses informations. Dans mes salles aussi, on avait des problèmes de sécurité des données. Ça ne s'oublie pas.
Dix-huit ans de musculation. Qu'est-ce que ça change dans ta façon de travailler (pas dans ton corps, dans ta tête)?
On me la pose souvent, celle-là. La musculation m'a donné une vraie rigueur, comme à l'époque où j'étais militaire. Elle apprend que tout se construit petit à petit, avec le temps, comme un forgeron qui bat son acier jusqu'à obtenir une lame qui ne casse pas. Quand on amène cette rigueur au corps, puis à la tête, puis au travail, on voit et on comprend beaucoup plus de choses. Et tout ce que j'inflige à mon corps, en souriant, me rappelle une chose : un être humain est capable de grandes choses quand il s'en donne les moyens. Tout est une question de tête.
Autodidacte : comment tu apprends une chose nouvelle, concrètement? Un exemple récent.
Je m'intéresse à tout, c'est presque un défaut. Dès qu'une chose me passionne (la psychologie, le corps humain, la biomécanique, la nutrition, les biotechnologies, l'astrophysique, le quantique, l'IA…), je vais chercher, lire, tester. Un exemple récent et très concret : la domotique et la Maison 3D que je mets bientôt en ligne. C'est une technologie qui existe depuis longtemps, que j'avais déjà touchée pendant mes études, et qui devient passionnante maintenant qu'on peut la relier à l'IA. Gagner du temps, automatiser, et surtout comprendre. Pour moi, le but d'une vie, c'est d'apprendre tout le temps.
Un livre, un penseur ou une idée qui t'a changé, et pourquoi.
« Le Capitaine. Reprenez le contrôle de votre vie », de Don Pierre Albertini, quelqu'un que je considère comme un mentor. Je le mets sur un piédestal, même s'il n'aimerait pas l'entendre, et ça me fait sourire de le dire. Il a une phrase qui m'a fait beaucoup évoluer, et qui est plus vraie que jamais en 2026 : « Tout est contextuel. » Vraiment tout. La plupart des gens oublient de se servir de leur cerveau avant de juger; lui explique très bien que chaque situation, chaque discussion a son contexte. Depuis, je commence toujours par là.
Qu'est-ce qui t'énerve le plus dans les logiciels et les services qu'on vend aux petites entreprises?
La complexité. J'ai moi-même vendu des logiciels et des services, à de petites entreprises comme à de grosses, et c'est ce que les clients me disaient déjà, et me disent encore : « C'est trop compliqué. » Ça me hérisse. C'est là que j'ai voulu faire la différence : aller à l'essentiel, ne pas faire perdre de temps, proposer des choses qui se comprennent vite. Quand on veut trop en faire, à la fin, plus personne ne comprend rien.
Pourquoi Montréal?
Parce que c'est ma ville de cœur. Une ville ouverte sur le monde, avec des occasions professionnelles incroyables, à deux pas des États-Unis et de leurs nouveautés technologiques. Je travaille entre les deux rives de l'Atlantique, Montréal et la France, et cette entreprise me le permet. Mais ce qui m'a fait rester, c'est la gentillesse et la bonté des Québécois. Des gens authentiques, avec un respect sincère.
La journée parfaite, du réveil au coucher.
Ha ha ha, très bonne question. Une journée qu'on a un peu planifiée, où il fait beau, et où on sent dès qu'on pose le pied par terre qu'elle sera positive. Une journée productive : mon entraînement, puis plusieurs rendez-vous clients qui se terminent par « Merci, Yannick, tu nous as vraiment aidés, on va parler de toi à nos amis ». Ça, ça me porte. Et pour que ce soit parfait : une fin de journée tranquille, un peu de temps pour ma vie personnelle et un magnifique coucher de soleil. Oui, je suis fan de ça. Je le fais beaucoup moins en ce moment, et ça me manque.
Qu'est-ce qu'un client peut attendre de toi que personne d'autre ne lui donnera? Et qu'est-ce qu'il ne doit pas attendre de toi?
Ce que vous pouvez attendre : je connais le terrain. J'ai été à la place des gens qui viennent me voir, et j'ai vendu certains des produits compliqués qu'ils utilisent encore. Donc une vraie proximité, que beaucoup ont perdue, et de l'honnêteté. Ce que vous ne devez pas attendre : des promesses de monts et merveilles. Ça, jamais. Si je ne peux pas faire quelque chose, je ne vous le vends pas; ce n'est pas ma nature. Je reste dans ce que je sais faire. Et quand quelque chose ne marche pas, je cherche la solution jusqu'à la trouver, parce que je suis tenace. Penser à l'autre, à ce dont un client a réellement besoin pour que son entreprise grandisse, on l'a trop oublié.
Un échec dont tu parles sans gêne, et ce qu'il t'a appris.
J'adore cette question. Pour moi, l'échec est quelque chose de magnifique. Le sens d'une vie, je le pense vraiment, c'est de faire des millions d'échecs. C'est le conseil que je donne à mes amis proches : échouez, beaucoup. On oublie que les gens qui ont bâti de grandes choses en partant de rien ont d'abord échoué des milliers de fois. J'ai des tonnes d'échecs à raconter, surtout professionnels. Sur le coup, je me disais « c'est ma faute ». Parfois, c'était vrai. Mais ce sont ces échecs qui m'ont amené là où je suis aujourd'hui, à créer mon entreprise.
Trois mots que tes amis utiliseraient pour te décrire, et un qu'ils n'utiliseraient jamais.
Honnête : c'est ce qui compte le plus pour moi. La main sur le cœur : je suis tourné vers l'humain, pour l'humain. Têtu, parfois trop. Ha ha ha, ça me fait rire moi-même. Et ce qu'ils ne diraient jamais, c'est que je lâche. Quand il y a un problème, ils savent que je casserai des murs pour trouver la solution. Téméraire et têtu, jusqu'au bout.